Vendredi 2 décembre 2011 5 02 /12 /Déc /2011 16:04
imagesCAS9BCAL.jpgJ'avais décidé d'aller travailler en bus. Je suis donc descendue en direction des quais, vers l'arrêt le plus proche. Ma rue, en descendant, fait plusieurs angles droits. En montant aussi ! Au second, je me suis arrêtée, et, plus ou moins, dissimulée sous une porte cochère. J'ai attendu cinq minutes, mais n'ai vu descendre que deux filles ayant l'air de beaucoup s'amuser, et un mec, qui ne m'a prêté aucune attention…
Le matin, en partant, j'ai accompagné Chouk jusqu'à son scooter. Puis, je me suis dirigée vers l'arrêt de bus tout proche. A mi-chemin, j'ai été rattrapée par une moto. Je n'avais pas besoin de me retourner pour savoir qui c'était. J'ai senti un filet d'électricité descendre le long de ma colonne vertébrale. Il a enlevé son casque, me l'a tendu, et m'a proposé en souriant de me ramener chez moi. Il était vraiment mignon,  avec son éternelle barbe de trois jours et ses mèches folles…
C'était hors de question. Nous avons parlementé un moment, puis décidé d'aller boire un café au petit bar en face. J'y étais connue, je m'y sentais en sécurité. Nous nous sommes assis le plus à l'écart possible. Il a enlevé son blouson, l'a plié en deux, le cuir à l'intérieur, l'a posé sur la table. A mis son casque par-dessus. J'étais assise en face de lui, mon sac sur mes genoux. J'ai dézippé mon perfecto, desserré mon écharpe. Il a ri, m'a demandé si j'avais peur qu'il me vole mon sac. J'ai montré la table encombrée. Il a posé son casque à terre. J'ai mis mon sac sur son blouson…
Le patron est arrivé, affable comme à son habitude. Il a dit quelque chose comme Mademoiselle Lou-Ève me fait des infidélités, s'est plaint qu'il ne me voyait plus. Je lui ai souri, avec un geste de dénégation. Nous avons commandé des cafés et des croissants. Et avons attendu, en silence, d'être servi…
J'ai apporté beaucoup d'attention à la dissolution du demi-sucre dans ma tasse. J'ai fait tourner la cuiller beaucoup plus que nécessaire. Je le regardais à la dérobée. Je le trouvais vraiment craquant. J'étais partagée entre le désir de me laisser vraiment aller, de profiter du moment et la crainte de faire le pas de trop. Je m'en voulais de cet apriori. Il s'est levé, s'est excusé, m'a demandé de l'attendre un moment et s'est dirigé vers les toilettes. Je le regardais s'éloigner, sûr de lui, d'une démarche nonchalante. Mon regard s'est machinalement posé sur son blouson. De la poche intérieure, je voyais dépasser son portefeuille.
Il fallait que je fasse vite. J'ai tiré un peu le portefeuille. Derrière est apparu un passeport. Je l'ai pris, l'ai ouvert. J'ai lu Hristo Mircev. J'ai rangé précipitamment le tout dans la poche du blouson. J'ai posé mon sac, de manière à ce qu'il me masque la poche et son contenu. J'ai porté le café à mes lèvres au moment où il faisait sa réapparition dans la salle. Il a repris sa place en face de moi, a demandé si je voulais un autre café. Après ma réponse négative, il s'en est commandé un autre. "Liouve dit toujours non…" J'ai souri en le regardant. "Je dis oui, quand j'ai envie…" "Je m'appelle Pavel…Tu as peur de moi ?" "Oui, bien sûr !" "Ah mais, pourquoi ?"
"Roksanna est contente ?" Il m'a regardée avec des grands yeux, l'air de ne pas comprendre. J'ai fait un trait sur ma joue gauche avec mon index, pour simuler une cicatrice. Son visage s'est éclairé "Ah oui, très, beaucoup…" Un moment, puis "Je suis très… " Il a posé la main sur son cœur, en le pressant plusieurs fois. "Très…" J'ai complété "Amoureux ?" "Oui, c'est ça, très amoureux de toi…" J'ai souri. "Tu ne me connais pas…" "Mais je suis !"
"Ecoute… Pavel !" J'avais failli dire Hristo. "Je voudrais que tu arrêtes de me suivre. Je voudrais que tu me laisses tranquille. Je te trouve très mignon. Tu es gentil avec moi. Mais je voudrais que tu me laisses tranquille ! Je n'aime pas les garçons ! Tu comprends ça ?" J'avais élevé la voix. Il m'a regardé l'air surpris. "Non, je comprends pas… Je veux être ami de toi !" "Et moi, je ne veux pas…" Je me suis levée, j'ai ajusté mon foulard, refermé mon perfecto. J'ai pris mon sac, qu'il a essayé de retenir. Je suis allée au comptoir régler nos consommations. Le patron m'a demandé s'il y avait un problème. J'ai souri, dit jusque-là, tout va bien. Je suis sortie, tandis que Pavel-Hristo quittait la table. J'ai marché sans me retourner jusqu'à l'arrêt de bus. Je suis restée debout, négligemment appuyée contre Alain Delon, qui me regardait avec bienveillance, ses lunettes Krys sur le nez. Il semblait me donner raison.
Du coin de l'œil, je surveillais Pavel-Hristo, mon russe bulgare blond motard, prendre tout son temps pour enfourcher son bolide. Le regard toujours tourné vers moi. Le bus est arrivé. Je suis montée, et suis allée vers le fond. Je savais qu'il allait nous suivre. A l'arrêt suivant, une place assise s'est libérée. Je m'y suis installée. Je ne voulais pas regarder ce qui se passait derrière nous.
Je suis descendue à mon arrêt habituel. J'ai regardé alentours. Je n'ai pas vu de moto suspecte. J'ai traversé le quai, me suis dirigée vers le bureau de tabac. J'ai acheté un paquet de cigarettes. Je savais que l'absence de moto derrière moi, n'était pas signe de victoire. Il avait fort bien pu monter Saint Barth, et m'attendre en haut de ma rue. J'ai trainé un peu, puis me suis décidée à rentrer chez moi. Au dernier angle droit, je me suis collée contre le mur de pierres, j'ai avancé doucement ma tête, pour regarder la dernière partie droite de ma montée. Je n'ai vu personne. Cela n'était aucunement une assurance, la différence de niveau, et les marches pouvaient suffire à le masquer s'il était stationné côté opposé, dans Saint Barth.
Mais, je n'avais plus de choix. J'ai monté bravement la dernière portion, regardant le bout de mes bottines, et priant, notre père qui êtes odieux. Il m'a exaucée…

 
Par lou-ève
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Jeudi 1 décembre 2011 4 01 /12 /Déc /2011 10:09
imagesCAVVGAUX.jpgEn montant, je m'étais déshabillée à l'arrache, et jetée sur le lit. Et endormie, le temps de compter jusqu'à trois. Cinq. Avant de partir, Mélanie était venue m'embrasser. J'ai grogné. "Tu ne t'es pas démaquillée ?" J'ai grogné un non. Elle a allumé la faible lumière du chevet. "Mais, tu as pleuré !" "Trop fatiguée…" Elle a éteint, et m'a embrassée à nouveau, puis est partie. J'ai tourné un moment dans le lit, puis j'ai pris mon ordi, regardé mes mails, écrit sur mon blog en perdant une partie de poker, éteint mon ordi, pris mon livre, lu un moment. Le temps de compter jusqu'à cinq. Sept.
Je me suis réveillée, il était presque 18:00. J'ai repensé au russe. Enfin au motard. La fatigue avait disparue. J'avais les idées plus claires. Et maintenant, l'histoire me faisait sourire. J'ai toutefois cherché la carte d'Emeline-Claire. Je l'ai appelée. J'ai dû patienter un moment en ligne. Elle était ravie, et s'est méprise. Je lui ai expliqué ma mésaventure. Je n'avais été ni agressée, ni menacée, elle m'a confirmé que "nous" ne pouvions rien faire. J'ai plaisanté. "Cool, dès que je suis violée, je te contacte…"
Mélanie m'avait laissé un mot, disant qu'elle ne rentrerait pas avant que je ne parte. Elle avait une de ses vendeuses qui offrait un pot, pour son anniversaire. A demain matin, je t'aime… Quand j'ai descendu les escaliers pour sortir de mon immeuble, j'ai été rattrapée par une boule à l'estomac. Un coup d'œil à droite et à gauche en sortant, personne ne m'attendait dehors. Je suis allée jusqu'à ma voiture. Je me suis assise, et là, je l'ai vu. Un magnifique PV, glissé sous mon essuie-glace. Putain, avec ces histoires, j'avais oublié de dire à Meloshka de déplacer ma voiture en partant.
A la clinique, quand nous ne nous sommes retrouvées que le personnel de nuit, j'ai fermé la porte de sécurité d'accès à l'étage. Nous ne le faisions jamais. Chouk, qui travaillait avec  moi, m'a demandé si je devenais parano. Je lui ai raconté le motard russe. "Waouh, trop bien !" Tout ce qui sortait un peu de l'ordinaire enthousiasmait Chouk, je le savais. Après les visites dans les chambres, je suis allée au bureau des secrétaires, J'ai demandé à la fille de permanence, si elle pouvait m'aider à rechercher "une correction de vilaine cicatrice"… Elle a voulu savoir pourquoi, m'a dit pas maintenant, je te ferai signe.
Elle m'a appelée vers les 2:00 du matin. Elle avait trouvé cinq dossiers qui pouvaient correspondre. Elle me les a fait défiler sur l'écran. Je l'ai arrêtée sur le quatrième. Roksanna V. née le 7 février 1992 à Kjustendil, Bulgarie. Brune, plutôt mignonne. Au vu des photos avant et après, elle avait dû être plutôt satisfaite de l'opération. Ou pas. Mon motard blond et russe était donc bulgare ? En tous les cas, son histoire était vraisemblable…
A la fin de ma journée, de ma nuit plutôt, lorsque je suis arrivée près de chez moi, la boule est revenue se nicher au creux de mon estomac. Il tombait une pluie fine. Je flippais. La rue était déserte. (Oui, ça fait polar !!) Comme d'habitude, il n'y avait pas de place sur le petit parking, ou j'avais pu me garer la veille au matin. Je n'avais pas envie de redescendre tout Saint Barth à pied. Le veilleur des Florentines était sur la terrasse, en train de griller une cigarette. Je le connaissais. Je me suis arrêtée à sa hauteur, et lui ai demandé si je pouvais descendre me garer dans le parking de l'hôtel.
Il a été d'accord, après m'avoir fait promettre une bise. Il est allé lever la barrière. Je me suis garée. Et, près de l'entrée, je lui ai demandé si cela l'ennuyait de m'accompagner jusqu'à la porte de mon immeuble. Il a répondu pas de problème, et même plus loin si tu veux… J'ai souri, lui ai dit qu'il était mignon. Mais, nous n'avons pas croisé de russe-bulgare motard blond.
Je me suis déshabillée, je suis entrée doucement dans la chambre. Mélosh dormait à plat ventre. Elle avait raison d'en profiter, bientôt, elle ne pourrait plus le faire. J'ai retiré doucement la couette, et je me suis allongée sur elle. "Oh, tu es fraîche…" Je ne sais pas comment Mélanie fait pour être toujours d'aussi charmante humeur au réveil. Mais c'est très agréable. J'ai glissé mes mains sous elle, pour prendre ses seins. Elle a frissonné, j'ai senti son derrière s'agiter sous moi. Cela a augmenté mon désir. J'ai saisi les pointes de ses seins avec le bout de mes doigts, j'ai pesé le plus possible avec mon ventre contre ses fesses. J'ai posé mes lèvres sur sa nuque en écartant des cheveux avec mon visage…
Par lou-ève
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Mercredi 30 novembre 2011 3 30 /11 /Nov /2011 10:27
sans-titre-copie-6.pngJ'étais fatiguée et énervée en sortant du travail ce matin. Fatiguée, parce qu'après la première nuit, je dormais toujours très mal. Après, je trouvais mon rythme. Mais la deuxième nuit était donc très difficile. Enervée parce que vraiment fatiguée. Vraiment. Quand je suis arrivée à hauteur de ma rue, une voiture quittait son emplacement, sur le petit parking, entre ma rue et les Florentines. Je l'ai laissée se dégager pour prendre sa place. J'ai poussé un soupir. Cela m'arrangeait, je n'aurais pas à  me taper un long trajet à pied pour regagner mon lit. J'espérais que, ce matin, Mélanie n'aurait pas l'humeur bavarde, ou plus, j'avais envie de dormir. Très envie.
Quand j'ai débouché dans ma rue, j'ai vu un mec adossé contre la porte de mon immeuble. J'ai pensé que c'était un mec, parce qu'il était baraqué. Il avait un casque de moto intégral, noir mat, sur la tête, un gros blouson de cuir, un jean et des bottes. Mais, il m'empêchait de rentrer chez moi. "Excusez-moi, j'aimerai rentrer chez moi…" Il n'a pas bougé. Je sentais qu'il me fixait derrière la visière de son casque. "Vous ne m'avez pas entendue, j'aimerai pouvoir rentrer chez moi…" Il n'a fait aucun mouvement. J'ai explosé. Je lui ai agrippé le bras pour le tirer "Putain, tu te casses, je rentre du boulot, je suis crevée là…" "La demoiselle très belle en colère…" Un accent des pays de l'est, ou alors je l'imaginais.
Je le tirai par le bras, mais ne faisait au mieux que lui décoller les épaules de la porte d'entrée. Je me suis faite suppliante. "Ecoute, je rentre du boulot, j'ai eu une nuit très difficile, je voudrais dormir…" "La demoiselle fait quoi, travail ?" J'ai senti le découragement me gagner. "La demoiselle très fatiguée, voudrait dormir…" Mais, il n'a pas fait un geste. "Fais quoi ?" "Putain, tu vas me faire chier longtemps, avec ton casque sur la tête ?" "J'aime colère…Fais quoi ?" Ma rue était déserte, il a enlevé son casque… Il était beau. Les cheveux longs, blonds, une barbe de plusieurs jours… Le type slave, ou nordique. Mais j'avais sommeil.
"Je voudrais aller dormir…" "Moi aussi, dormir avec toi… Travail quoi ?" Je sentais que je n'y arriverai pas, mais je ne savais pas quoi faire. "Flic, police, je suis inspecteur de police…" J'avais dit cela comme ça, pour qu'il me lâche…" "Oh, tu fais voir carte, jamais vu carte police…" J'ai fouillé dans mon sac, et sorti mon portable. "Maintenant, tu te barres, ou j'appelle mes collègues…" Il a ri. "J'aime beaucoup toi. Travail hôpital, toi… Pas flic." Avec un sourire craquant. Plus que du découragement, de la résignation, un immense sentiment d'impuissance. Et la rage d'être une fille. Les larmes sont arrivées. "S'il te plaît…"
Il m'a pris une mèche de cheveux dans sa main droite, doucement, une caresse. J'ai sursauté et fait un pas en arrière. Comme piquée par un serpent. De la fureur plein les yeux. "Ah, j'aime mieux colère que larme… Plus jolie demoiselle…" J'ai regardé autour de moi. Enfin, enfin un homme montait les escaliers de ma rue. Enfin. Je n'avais plus qu'à patienter en attendant qu'il arrive à notre hauteur, et lui demander de l'aide. Soulagée. "Monsieur, s'il vous plaît vous pouvez m'aider ? Il m'empêche de rentrer chez moi…" Il ne s'est pas arrêté, il a regardé le russe contre la porte, et est parti en accélérant le pas.
"Pas gentil avec toi, monsieur… Moi gentil !" "Alors, laisse-moi passer s'il te plait…" "Boire le café avec moi ?" Ça ne finirait jamais. Je voyais mon lit comme dans un rêve. "Non, non, je n'ai pas envie de café là…" "Toi, envie de quoi ?" "De dormir, de mon lit…" "Ah moi aussi, envie de ton lit…" J'ai secoué la tête et senti les larmes revenir. J'allais crier, taper ma crise. Il fallait que je gagne sa confiance. Je me suis reculée, et j'ai dit doucement : "Comment tu sais que je travaille à l'hôpital ?" Il a fait un pas vers moi. "Quoi, pas entendre ?" J'espérais cela, qu'il s'avance encore. J'ai répété ma question doucement. "Oh, je connais toi. Pas longtemps, emmené amie pour vilaine cicatrice…Et vu toi, belle…" Je me suis vue dans un mauvais polar. Avec un malfrat qui m'avait suivie. La mafia russe, la traite des blanches, le trottoir… Pas rassurée, et impuissante. Puis, je me suis dit que la fatigue altérait mon raisonnement. "Bon, allez, on va le boire ce café, qu'on en finisse…" "Tu invites chez toi ?" "Non, il y a quelqu'un chez moi, qui dort…" "Je sais, fille, amie de toi…" J'ai pleuré. "Non, demoiselle plus belle colère, pas larmes…" J'ai pleuré. Je n'avais pas de solution. J'étais trop fatiguée.
"Tu dis ton nom, je laisse entrer chez toi…" Je ne m'y attendais pas du tout. Et puis, j'ai pensé que c'était une ruse pour me faire ouvrir la porte. "Va te faire mettre…" "C'est vrai, tu dis ton nom, je laisse entrer toi…" "Prends-moi pour une conne, en plus…" "Tu dis ton nom, je descends la rue, et toi rentrer chez toi… Je retrouverai toi autre jour ! Je sais faire." Sommeil, fatigue, découragement. "Lou-Ève…" Même pas l'idée de mentir. Il m'a fait répéter. Puis il l'a dit tout haut, un peu à la manière de Leena, mon amie de Lappeenranta. "Liouve… joli, joli nom, va bien à toi…"
Il n'est pas descendu. Il est monté en direction de Saint Barth. J'ai attendu sans bouger. Il a enfourché une grosse moto, m'a regardée, a fait un signe avec la main, un grand sourire, dit encore Liouve, a enfilé son casque, est parti. Je suis restée un moment, le front contre ma porte. J'ai essuyé mes larmes, et tourné la clé dans la serrure…
Par lou-ève
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Mardi 29 novembre 2011 2 29 /11 /Nov /2011 15:36
bas.jpgSamedi matin, j'ai été pris d'un accès de fureur domestique. Rangement, ménage, lessive, repassage, vitres, rangement à nouveau, baguettes d'encens. Du jamais vu. Ou il y a longtemps. Inexplicable. Mais, une fois terminé, valorisant. J'ai failli descendre dans la rue pour arrêter les passants et leur faire visiter… Je me suis retenue, parce que, finalement, tous ces gens dans mon appartement, avec leurs allées et venues, auraient anéantis les effets de mon travail.
L'après-midi a été consacré aux soins du corps. Douche, shampoing, masque, épilation, gommage, ongles, maquillage, et j'en passe. Mais quel résultat le soir venu. Etincelante. J'étais prête pour la soirée poker. Ne restait qu'à choisir la parure qui sublimerait cette magnifique créature, qui apparaissait dans mon psyché, et dont mes yeux n'arrivaient pas à se détacher…
Il était dix-huit heures passé. J'avais tout le temps. J'hésitais entre cheveux lâchés et un chignon sauvage. Enfin chignon. Disons que j'ai partagé mes cheveux en trois tresses, que j'ai nouées entre elles, de manière négligée, selon un ordre savamment préétabli. J'ai ensuite dégagé quelques mèches pour les laisser flotter à des endroits appropriés. Après quelques retouches, je me suis trouvée très satisfaite du résultat. Sublime. Je sais pertinemment que mon avis n'est pas vraiment objectif. Il m'est déjà arrivé de me trouver sublime, les cheveux collés par la sueur !
J'avais consommé plus de temps que prévu, mais je restais dans les délais. Le choix des sous-vêtements n'a représenté qu'une formalité. Je savais ce que je voulais. Et une fois déterminés la forme du soutien-gorge, et le genre de la culotte, la sélection s'est faite naturellement. Le plus dur commençait. J'optais pour une petite robe noire profondément décolletée, que l'option soutien-gorge en triangle rendait tout à fait réalisable. Elle était très courte. Et le froid qui régnait, m'interdisait de rester jambes nues. Je choisis un legging noir. Et des escarpins à lanières croisées. Un petit gilet à sequins, et une écharpe pour compléter. J'étais en avance.
Et puis j'ai pensé que le legging me laissait les pieds nus, et qu'avec le froid, ce n'était pas la meilleure solution. Exeat le legging. J'ai enlevé la robe, et passé dessous un caraco en voile. Puis décidé de mettre des collants. Je n'aime pas les collants. Je n'ai donc pas un choix énorme. J'en ai choisi un à motif. Je n'étais pas vraiment à l'aise, mais esthétiquement c'était assez réussi. Jusqu'à ce que je passe mes escarpins. J'ai tout enlevé.
J'ai passé des mi-bas, et mon pantalon de cuir noir, moulant. Chaussé les escarpins. Parfait. Il ne me restait qu'à trouver un haut. Je n'ai pas trouvé quelque chose dont j'avais envie. J'ai à nouveau tout enlevé. J'ai repassé ma petite robe noire. Et je suis allée à la pêche dans mes tiroirs. J'ai trouvé des bas en laine, rayés noir et blanc. Je les ai passés et adoptés. Mais il me fallait oublier les escarpins. Et Mélanie est arrivée. Il était l'heure de partir. Elle m'a félicitée pour l'appartement, avec un gros baiser, en évitant toutefois de créer des dommages à mon rouge à lèvres. Elle m'a demandé quel était mon problème. J'ai montré mes pieds. Elle est allée dans le placard à chaussures, est revenue avec une paire de bottines à talons. Je les ai passées. C'était parfait.
Nous sommes presque arrivées à l'heure. L'accueil de madame Notaire a été à la hauteur de ce à quoi je m'attendais. Cette femme m'aime beaucoup, et je ne comprends pas pourquoi. Moi, petit à petit je m'attache à elle. J'ai de la tendresse pour les gens qui m'aiment. Les gens qui se trouvaient là, étaient pour moitié des habitués, comme moi, le reste étant composé de têtes nouvelles. J'ai passé la soirée à attendre une main vaguement exploitable. En jouant avec beaucoup de prudence, j'ai réussi à atteindre la table finale. En mauvaise position. Deux joueurs ont été éliminés avant que je n'hérite d'une paire de rois. J'ai choisi de rester masquée, et de suivre simplement les deux joueurs qui avaient relancé. La dernière carte retournée, la rivière, a été le roi de carreau. J'avais un brelan de roi. C'était une main assez forte. L'un des deux joueurs a relancé d'une manière qui m'obligeait à faire tapis. Après quelques hésitations, j'ai décidé que je ne retrouverai sans doute pas pareille opportunité. J'ai suivi. Mais perdu, le roi de carreau lui ayant apporté une couleur.
J'ai quitté la table, et cherché à rejoindre Mélanie à l'étage du dessus. Je l'ai vue, en conversation avec son ex-mari. En fait non, son mari. Je me suis approchée, mais son regard m'a fait comprendre qu'elle ne voulait pas que je les rejoigne. Je me suis retournée pour me diriger vers le buffet, au moment où une femme m'a prise par le bras. C'était Emeline-Claire qui me priait de se joindre à eux. Je l'ai suivie. Nous avons bavardé longuement de choses et d'autres, avec d'autres personnes. Pour en arriver, sans trop savoir comment, à une conversation beaucoup plus intime. Et, juste avant que Mélanie n'arrive, en me glissant sa carte, elle m'a demandé si cela me paraissait envisageable de passer une soirée avec eux, elle et son mari… Elle est partie avant que je ne puisse répondre.
Par lou-ève
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Vendredi 25 novembre 2011 5 25 /11 /Nov /2011 11:01
logo.gifJe suis allée faire mes courses à Carrouf. A l'entrée, les gens des restos du cœur distribuaient des tracts. Ça m'a gonflée ! Ne vous méprenez pas, ce qui m'a gonflée ce n'est pas que des gens le fassent. C'est que nous soyons obligés de le faire. Et que l'état (je n'ai pas mis de majuscule intentionnellement) se repose là-dessus. Il faut dire que l'état, avec l'élection du leader minimo ne s'est pas trouvé grandi. Même si maintenant nous (la France) pouvons converser les yeux dans les yeux avec l'Allemagne.
L'état, donc, trouve bien plus important d'allouer, par voix recueillie,  un ou deux euros aux partis politiques selon le résultat des urnes. Donc en gros, disons trente millions d'électeurs, et une cinquantaine de millions d'euros à se partager. Et qui finiront de la même façon, puisque les partis politiques s'en serviront pour acheter des petits fours, pour fêter leur élection, et pouvoir à nouveau se présenter, et obtenir des euros, et ainsi de suite…
Donc, j'ai acheté pour les restos. A la sortie, le mec bénévole m'a regardée comme si j'étais une extraterrestre. Il faut dire, le volume de mes courses perso, était ridiculement petit au regard, des produits destinés aux restos… Il m'a demandée si j'étais sûre… Je lui ai dit qu'en montant, ça représentait à peu près ce que je consacrais à mes soutiens-gorge pour le mois. Et qu'en décembre, je n'en mettrai pas… qu'il fallait bien choisir l'objet de son soutien. Je crois qu'il s'est demandé si j'étais sérieuse. Ou demeurée. Mais, il a souri poliment.
Attendez, ne vous méprenez pas à nouveau… Ce n'est pas un pamphlet anti-sarko. Pas du tout. Les socialistes ont été élus, et n'ont pas bougé le petit doigt (ou les oreilles ?) non plus. Et ne le ferons pas en cas d'élection nouvelle. Ni un autre candidat quelconque. Il est bien plus important d'aller CharlesdeGaulliser la Lybie. Ou l'Egypte, pour les résultats que l'on sait. Il y a des priorités tout de même.
Nous sommes contents d'avoir aboli la monarchie, pour recréer le même système, avec tous nos nouveaux baronnets et nobliaux de province… ou de Paris, accrochés à leurs privilèges. Et les paroles de ma chanson restent pertinentes.
Voilà, vous comprenez que je ne vote pas. Je voterai bien blanc, en manière de protestation, mais mon bulletin ne serait pas comptabilisé comme protestataire. Il serait nul. Et ne servirait qu'à alimenter la caisse à petits fours d'un ou deux euros supplémentaires. Je ne vote pas. Lou-Ève n'a pas de conscience politique. Elle est blanche et nulle. Mais son drapeau est noir.

 
Par lou-ève
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